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cinéma

La chambre des morts

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D'abord, il y a le Nord. Le vrai. Celui qui conjugue froid (la jeune héroïne ne sort jamais sans moins de deux parkas), vent, terrils, dunes et chômage. Un pays blessé, loin des tartuferies que l'on vous vend dans des dépliants touristiques ou, même parfois, dans des journaux régionaux qui se disent objectifs. Félicitations au CRRAV pour son implication dans un projet cinématographique sincère et ambitieux qui donne aux spectateurs nordistes le sentiment que le film a bien été tourné chez eux. C'est un film noir. Oui, mais pas seulement. Le film d'Alfred Lot, adapté du roman de Frank Thilliez est une réflexion sur la dualité des êtres, sur l'intime, sur les souffrances et ce que l'on peut supporter, sur le bien et le mal, sur ce que l'on voudrait être, sur les combats qu'il faut mener.

Cela commence comme un thriller et cela finit comme une fable, presque un conte de fées. Entre ces deux situations, on n'a pas vu le temps passer (et surtout pas ressenti de rupture). L'adaptation signée par le réalisateur n'y est pas pour rien. Les acteurs, tous, y sont pour beaucoup. De cette histoire dunkerquoise, Lot, le réalisateur a fait une quête de vie. Sombre, cruelle et puissante où un petit bout de femme lutte contre la montre, contre la mort et contre elle-même. Ce dernier combat n'étant pas le moindre.
Mais le film est aussi une histoire d'amour (on devrait écrire des histoires d'amour). Des duos, encore, en fait: Un lieutenant pusillanime qui perd tous ses moyens lorsque ça compte vraiment, une fille incapable d'aimer quand elle enquète, une mère volage, une tueuse amoureuse, une amitié qui explose... Des sentiments qui vous sautent à la gorge plus rageurs que des loups. Allez voir la Chambre des morts, c'est un bon film. Populaire et précieux, vrai et poignant. Très, très loin de la soupe télévisuelle qui truste trop souvent le grand écran. Du cinéma.

Publié le 13/11/2007 Auteur : F. Launay


Mots clés : cinéma